2026 est une année charnière pour les pharmaciens. Le cycle DPC 2023–2025 vient de se fermer, les contrôles sont en cours — et en parallèle, un nouveau cadre bien plus large est entré dans sa phase opérationnelle : la certification périodique. Autrement dit, certains regardent derrière eux… pendant que d’autres devraient déjà regarder devant. Et en réalité, il faut faire les deux.
DPC et certification périodique : deux obligations distinctes
Quand on parle de formation DPC pour pharmacien et équipe officinale, on pense souvent à une obligation triennale, quelques actions à cocher, et c’est tout. Mais depuis le 1er janvier 2023, le DPC n’est plus l’unique obligation de formation.
Un second dispositif est venu s’y ajouter, plus large et plus structurant : la certification périodique, instaurée par la loi du 24 juillet 2019, précisée par ordonnance en juillet 2021, et dont les référentiels pratiques ont été officialisés par un arrêté publié au Journal officiel le 27 février 2026.
Le DPC : une obligation triennale qui reste en vigueur
Le DPC constitue une obligation pour les pharmaciens inscrits à l’Ordre. Pour l’année 2026, les orientations prioritaires de la période 2023–2025 ont été prolongées par l’arrêté du 23 juin 2025. Le cycle 2026–2028 et ses modalités définitives sont encore en cours de définition réglementaire.
Dans ce cadre, chaque pharmacien doit réaliser au moins deux actions parmi les trois types reconnus, dans le champ des orientations nationales prioritaires définies par la HAS.
La certification périodique : le nouveau cadre global
La certification périodique est obligatoire depuis le 1er janvier 2023. Elle vise à garantir le maintien des compétences, la qualité des pratiques, ainsi que l’actualisation et le niveau des connaissances des pharmaciens inscrits à l’Ordre. Elle s’articule autour de 4 axes :
- Axe 1 — Actualiser les connaissances et compétences
- Axe 2 — Renforcer la qualité des pratiques professionnelles
- Axe 3 — Améliorer la relation avec les patients
- Axe 4 — Mieux prendre en compte sa santé personnelle
Ce que le DPC couvre et ce qu’il ne couvre pas
C’est là que la confusion est fréquente. Les actions réalisées dans le cadre du DPC peuvent contribuer à satisfaire certaines exigences de la certification périodique, mais ne suffisent pas à la valider dans sa globalité.
Le dispositif impose la réalisation d’au minimum 10 actions sur un cycle de 6 ans : 3 actions pour les axes 1 et 2 tous les 3 ans (dont au moins une action cognitive et une action réflexive), et 2 actions pour chacun des axes 3 et 4 sur 6 ans. Les pharmaciens inscrits avant le 1er janvier 2023 bénéficient d’une première période de 9 ans.

2026 : une année charnière à double titre
Le contrôle du cycle DPC 2023–2025
La période triennale de DPC 2023–2025 est clôturée depuis le 31 décembre 2025. L’Ordre des pharmaciens engage désormais la phase de contrôle du respect de l’obligation de DPC pour cette période. Les actions doivent être déclarées sur la plateforme ANDPC avant le 30 avril 2026.
L’avenir de l’ANDPC : suppression annoncée, transition en cours
La suppression de l’ANDPC a été annoncée officiellement par le ministère de la Santé en novembre 2025. Un directeur par intérim est en poste depuis janvier 2026. Cependant, aucune date de fermeture officielle n’a encore été fixée par un texte réglementaire, et les discussions se poursuivent. Ce qui est confirmé : le financement DPC reste garanti pour toute l’année 2026, et l’ANDPC poursuit sa mission de gestion du DPC tout au long de cette année. La transition vers un nouveau dispositif nécessitera des mesures législatives.
Pour la traçabilité des actions de certification périodique, les actions validées seront intégrées dans l’espace personnel du téléservice « MaCertif’Pro Santé », actuellement en cours de déploiement.
Ce que ça change concrètement au comptoir
Au-delà des obligations légales, la formation continue a un impact direct sur la pratique quotidienne. Une action de formation sur les anticoagulants, par exemple, peut permettre d’identifier une interaction médicamenteuse potentiellement dangereuse au moment de la délivrance. Ce n’est pas un bénéfice anecdotique : c’est précisément ce à quoi la certification périodique est censée contribuer.
Construire son parcours sans subir l’obligation
Les pharmaciens qui intègrent ces obligations dans leur quotidien professionnel — plutôt que de les traiter en urgence en fin de cycle — rapportent généralement moins de pression à l’approche des échéances. Une approche progressive, avec une ou deux formations ciblées par an, suffit largement à maintenir un parcours cohérent sur 6 ans.
Choisir la bonne formation dans le bon axe
Une formation utile est celle qui correspond au quotidien de l’officine. Mais dans le cadre de la certification périodique, il faut également s’assurer qu’elle est reconnue dans le bon axe du référentiel. Une action cognitive (axe 1) ne remplace pas une action réflexive (axe 2), et ni l’une ni l’autre ne couvre les axes 3 et 4. Il est conseillé de conserver l’ensemble des attestations de formations réalisées.
Les sanctions : un enjeu désormais réel
Le non-respect de l’obligation de certification périodique constitue une faute susceptible d’entraîner une sanction disciplinaire. Le dispositif est gradué :
- Accompagnement du professionnel par le CNP pour pallier les difficultés.
- Convocation pour mise en place des conditions permettant de satisfaire à l’obligation.
- Procédure disciplinaire, pouvant aller jusqu’à la suspension temporaire d’exercice.
Note : les modalités précises des sanctions en cas de manquement sont encore en cours de définition réglementaire.
Anticiper, plutôt que rattraper
Ne pas attendre la fin du cycle pour s’y mettre reste le meilleur conseil. Un peu chaque année suffit largement : une formation pertinente dans le bon axe, une action réflexive, un ajustement de pratique. Deux demi-journées par an permettent de rester à jour sans pression de dernière minute.
En résumé
- Le cycle DPC 2023–2025 est terminé, les actions doivent être déclarées sur la plateforme ANDPC avant le 30 avril 2026.
- Pour 2026, les orientations prioritaires de la période 2023–2025 ont été prolongées par arrêté. Le cycle 2026–2028 est en cours de définition réglementaire.
- La certification périodique est obligatoire depuis le 1er janvier 2023 : 4 axes, minimum 10 actions sur 6 ans (9 ans pour les inscrits avant 2023).
- Des exonérations d’axes existent selon le type d’exercice — leurs modalités précises restent à définir.
- Le DPC seul ne suffit plus à valider la certification périodique.
- La suppression de l’ANDPC est annoncée ; la transition est en cours, sans date officielle. Le financement DPC est garanti pour 2026.
- La plateforme MaCertif’Pro Santé est en cours de déploiement pour la traçabilité des actions de certification.
FAQ
Le DPC est-il toujours obligatoire ?
Oui, pour tous les pharmaciens en exercice, sur une base triennale. Il s’inscrit désormais dans le cadre plus large de la certification périodique. Pour 2026, les orientations prioritaires de 2023–2025 ont été prolongées dans l’attente de la définition du nouveau cycle.
Qu’est-ce que la certification périodique ?
C’est une obligation distincte, applicable depuis le 1er janvier 2023, sur une période de 6 ans (9 ans pour les inscrits avant cette date). Elle comprend 4 axes et exige au minimum 10 actions. Le DPC y contribue partiellement, mais ne la valide pas à lui seul.
Tous les pharmaciens sont-ils soumis aux 4 axes ?
Non. Les pharmaciens n’exerçant pas d’activités de soin directement auprès des patients sont exonérés de l’axe 3. Ceux soumis à des formations obligatoires spécifiques peuvent être exonérés de l’axe 2. Les modalités de ces exonérations ne sont pas encore définies par les textes.
Peut-on faire ses actions en ligne ?
Oui, à condition que les formations soient reconnues et inscrites dans le bon axe du référentiel de certification. Il est conseillé de vérifier la reconnaissance de chaque action auprès du CNP Pharmacie et de conserver toutes ses attestations.
Les contrôles sont-ils réels ?
Oui. L’Ordre des pharmaciens procède au contrôle du cycle DPC 2023–2025 en 2026. Le non-respect de la certification périodique peut entraîner des sanctions disciplinaires, y compris une suspension temporaire d’exercice.
Que se passe-t-il avec l’ANDPC ?
Sa suppression a été annoncée par le ministère en novembre 2025, mais aucun texte officiel ne fixe de date de fermeture. L’ANDPC continue de fonctionner en 2026. Le financement DPC est garanti pour l’ensemble de l’année. La transition fera l’objet de mesures législatives à venir.
Comment éviter les erreurs ?
En déclarant les actions DPC 2023–2025 avant le 30 avril 2026, en comprenant la distinction entre DPC et certification périodique, en vérifiant la reconnaissance des actions dans le bon axe, et en conservant l’ensemble de ses attestations.
Sources officielles
- Ordre national des pharmaciens — Certification périodique : les référentiels publiés (mars 2026)
- Ordre national des pharmaciens — DPC 2023-2025 : comment enregistrer vos actions en vue du contrôle par l’Ordre
- Ordre national des pharmaciens — Le développement professionnel continu
- Légifrance — Arrêté du 26 février 2026 relatif aux référentiels de certification périodique
- Légifrance — Décret n° 2025-1335 du 26 décembre 2025 relatif aux modalités de contrôle de la certification périodique
- Légifrance — Arrêté du 23 juin 2025 prorogeant les orientations prioritaires DPC 2023–2025
- HAS — Orientations nationales prioritaires du DPC
Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas les informations officielles. Le cadre réglementaire est en cours d’évolution. Pour toute question précise, consultez les ressources de l’Ordre national des pharmaciens et de l’ANDPC.